Je te les achète

Ceci est un bronze

Je sors la petite. C’est l’heure du chien, pour reprendre Alexandre Vialatte, l’heure où le chien promène l’homme. Il est 20h et des poussières dans les rues de Marseille. Elle grogne après le chat qui trône imperturbable devant son immeuble rue du Berceau. La petite trouve l’inspiration un peu plus loin. Je ramasse et je jette. Sur le perron du bar PMU ça picole et ça papote ça prend l’air devenu respirable. La chienne et moi croisons le chemin d’un passant qui promène sa bière. Il me parle. Je ne vois pas bien où il veut en venir. Il a fait caca ? interroge-t-il en désignant la petite. Euh. Oui. Où ça ? poursuit-il. Dans la rue. Mais je ramasse, je précise comme pour me prémunir d’une critique à l’alcool mauvais. Volubile, il me parle du quartier, des trottoirs sales, de sa mère d’origine italienne. Je te les achète, dit-il. Je réponds qu’elle n’est pas à vendre et que, d’ailleurs, ça n’est pas ma chienne. Il insiste : je t’achète ses cacas. Interloqué, je me dis qu’ils sont nombreux dans sa tête. Je négocie le virage et me débarrasse habilement du passant pas net.

Retournant à l’appartement, je dis à la petite :
— Tu te rends compte, ton caca vaut de l’or !

Commentaires

Pas encore de commentaires. Laisse une trace (cordiale) de toi...

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

40 − = 31
Powered by MathCaptcha