C’est un instant de campagne que je partage aujourd’hui avec vous (vidĂ©o ci-dessus). Un grillon que ma sĆur Sophie a enregistrĂ© chez ma mĂšre. Quarante-neuf secondes qui m’emportent en enfance. Quand, chaussĂ© de mes bottes en plastique vert caca d’oie, j’arpentais les fossĂ©s humides en quĂȘte de faune et de flore, de tĂȘtards Ă mettre en bocal. Des amphibiens qui Ă©chappaient fatalement Ă mon observation â on ne m’appelait pas Laurent-la-lune pour rien â, qui devenaient crapauds hors du bocal, Ă la fraĂźche sous les plants de haricots verts et de pieds de tomates plantĂ©s par mon pĂšre.
Le parfum des feuilles de tomates ou le chant du grillon sont mes madeleines de Proust.
Au-delĂ de la ferme oĂč l’on se ravitaillait en lait frais, une route interdite que je traversais malgrĂ© tout. De l’autre cĂŽtĂ©, mon Far West, un sous-bois, un tunnel qui serpentait sous le village, une maison abandonnĂ©e oĂč je cherchais des trĂ©sors, et une petite route qui descendait Ă pic et longeait la Dordogne. Sur le bas-cĂŽtĂ©, je coupais Ă pleines mains de belles brassĂ©es d’herbe pour nourrir mon cochon d’Inde Kiki.
Je me revois offrir Ă ma voisine des Tic Tac au chocolat. J’avais fourrĂ© les crottes de Kiki dans une boĂźte de Tic Tac vide. Oh l’expression sur le visage de ma voisine ! Perplexe. Puis furieuse quand je lui ai avouĂ© mon forfait.
C’est fou ce que le chant d’un grillon peut produire comme souvenirs : un cochon d’Inde et des bonbecs aussi saugrenus qu’immangeables.
Note : L’Ă©mission du chant est rĂ©alisĂ©e en soulevant obliquement les deux Ă©lytres. L’Ă©lytre droit, qui porte sur sa face infĂ©rieure la rĂąpe stridulante ou archet (alignement de dents lamellaires), recouvre toujours l’Ă©lytre gauche pour frotter son grattoir ou chanterelle. Deux zones membraneuses, la harpe et le miroir, amplifient les sons Ă©mis. Le grillon est ainsi droitier, Ă l’inverse de la sauterelle. Les grillons dĂ©sensibilisent leur systĂšme auditif pour ne pas ĂȘtre assourdis par leur propre chant.
(Source : Wikipédia)
Merci pour tous ces souvenirs ramenĂ©s Ă la surface de La Gouyne, affluent de La Dordogne, oĂč un Ćuf pourri Ă terminĂ© sa chute aprĂšs ricochet sur la tĂȘte une copine (ne serais pas la mĂȘme qui a mangĂ© les fameux Tic Tac đ A l’Ă©poque nous ne demandions pas l’autorisation pour sortir et on ne nous demandait pas non plus la raison de nos sorties : nous partions Ă l’aventure avec les copains, voisins. Les tĂȘtards eux patientaient dans un bocal sur le bord de la fenĂȘtre. Je n’oublie pas non le lait cherchĂ© Ă la ferme espĂ©rant dĂ©couvrir sous la couveuse des poussins.
Bises
C’est vrai qu’on Ă©tait livrĂ©s Ă nous-mĂȘmes mais parce que les parents avaient confiance et parce que l’Ă©poque et les gens n’Ă©taient pas aussi inquiets. Le fait qu’on Ă©tait Ă la campagne y jouait pour beaucoup. Je me souviens de quand on allait payer le lait chez Mr et Mme Vacher, qu’on frappait timidement au carreau de la fenĂȘtre. Les rues de Prigonrieux Ă©taient Ă nous, c’Ă©tait chouette. Bises itou.
Merci d’Ă©voquer ces souvenirs d’enfance Ă la campagne oĂč nous vivions librement de belles aventures toutes simples et en toute libertĂ©, quand arrivaient les dimanches et les vacances(j’Ă©tais pensionnaire en ville )
J’ai Ă©coutĂ© le chant du grillon avec plaisir et nostalgie…
La campagne est un terrain de jeux immense. Je n’idĂ©alise pas (enfin, un peu peut-ĂȘtre), on s’y ennuie autant qu’en ville, j’imagine. Merci Ginou pour votre visite đ Prenez soin de vous.
Ces Ă©vocations d’anecdotes de ton enfance me ramĂšnent Ă la mienne…
J’ai aussi une sĆur prĂ©nommĂ©e Sophie et cette libertĂ© insouciante d’aller oĂč l’on voulait a marquĂ© indĂ©lĂ©bilement ma vie.
Il n’y avait pas eu encore les grandes frayeurs provoquĂ©es par les affaires Dutroux ou Fourniret.
Nous Ă©tions invincibles et le mal n’existait pas, du moins nous le pensions.
Merci Laurent pour ce partage et les 49 secondes qui disent tant !
Des bisous confinĂ©s đ
Nous Ă©tions jeunes et naĂŻfs. Et libres. Nous le sommes toujours, libres. La naĂŻvetĂ© s’est hĂ©las fait la malle.
Bisous masquĂ©s đ
Hahaha le sale gosse repenti ! J’adore, on a tous – enfin j’espĂšre – fait ce genre d’Ăąneries. Merci pour la madeleine sonore et olfactive !
Repenti, pas tellement :p jâai fait un paquet d’autres Ăąneries mais rien de bien grave. Câest aussi ça lâenfance, explorer les interdits. Merci de ta visite đ
je n’ai pas de souvenirs d’enfance trĂšs heureux, pourtant il y en a sans doute eu mais je crois que mon cerveau refuse aussi bien les bons que les mauvais, avec mon frĂšre nous allions chercher aussi des tĂȘtards dans le drain de l’usine de retraitement des eaux, et on se prenait une volĂ©e en rentrant, faut dire qu’on aurait pu attraper la peste et le cholĂ©ra rĂ©unis d’autant qu’on Ă©taient sensĂ©s aller glaner les patates et les haricots dans les champs des alentours
Tant que tu ne rapportais pas de lĂ©gumes dans le drain de lâusine de retraitement des eaux… La mĂ©moire est quand mĂȘme un drĂŽle de machin : elle nous permet dâoublier tout un tas de traumatismes. La mĂ©moire, quand elle fonctionne et quand on la fait travailler. Moi, jâai une mĂ©moire de poisson rouge, c’est dramatique. Bisous ma poule.
Oh lĂ lĂ ! Que de souvenirs pour moi aussi les grillons !
Jâai grandi avec. Mais je nâavais pas de cochon dâInde. Donc pas de Tic Tac au chocolat đ
Ni de voisin qui t’aurait fait goĂ»ter ces fameuses friandises ?
Enfance en ville et vacances en bord de mer… C’est du bruit de la mer que je suis nostalgique.
Mais merci pour ce dĂ©paysement đ
Bonne soirée
EspĂ©rons que tu puisses bientĂŽt retrouver la mer đ Bonne soirĂ©e Ă toi aussi Marie :-*
Grùce à toi, comme souvent, je replonge dans les souvenirs de parfum des feuilles de tomates, du goût des groseilles et du passage du fermier qui remplissait le pot de lait lorsque je passais des vacances chez mes grands-parents à Ploemeur. Merci :-*
Ă ton service đ tes souvenirs ont eux aussi la douceur de l’enfance, avec l’air pur et vivifiant de l’OcĂ©an et de la Bretagne que je connais hĂ©las trop peu. Bises du Sud :*
Les souvenirs d’enfance liĂ©s Ă la nature ont ce petit quelque chose… Jolies anecdotes !
Merci Carole. En ces temps agitĂ©s et anxiogĂšnes, on se raccroche aux branches đ Bises encore confinĂ©es.
Merci pour ce partage. Merci pour cette madeleine auditive. MERCI Ă toi et Ă Sophie. Prends soin de toi !
Sophie (des Grigris)
Ă ton service, Sophie đ Merci pour tes gentils voeux, prends bien soin de toi et des tiens.