Un.
Je troque aujourd’hui mes mots contre bout de carton, crayons feutres et colle pour fabriquer mon panneau. Je vais manifester pour le droit de choisir de ne pas me marier. Contre la récente déferlante de propos homophobes, de déclarations navrantes. Je marche pour l’égalité des droits. Combien serons-nous dimanche à Paris ? Selon les organisateurs ? Selon la police, nous ne serons que la moitié de nous-mêmes puisque nous sommes pour le moment des citoyens de seconde zone. Dans le discours le plus banal, on entend « ils font ce qu’ils veulent de leur… » En tout cas, beaucoup le pensent. Ce qui m’attriste, me dérange, c’est ce regard uniquement sexué que l’on m’accorde. Je ne définis pas mes amis, qu’ils soient homos ou hétéros, selon leurs pratiques sexuelles. J’aimerais que l’on n’observe deux hommes s’embrassant, se retrouvant à la sortie du boulot, que sous un œil attendri ou jaloux.
Deux.
Dimanche 27 janvier 2013. Nous étions 125 000 selon la police, 400 000 selon les organisateurs, nombreux en tout cas à battre le pavé parisien, sous des cieux étonnamment cléments. Humeur très bon enfant. Et une foule bigarrée, colorée, munie de pancartes, de slogans, pas piqués des hannetons. Joyeuse après-midi à croiser perplexité et sourires, à taper une bavette avec des inconnus, le long du parcours, à retrouver des copains au détour d’un boulevard. 4 heures de marche revigorante, à remplir ses poumons de sentiments humains.