Mercredi matin, Jane (pas celle qui illustre ce billet, une autre), cliente de l’hĂŽtel oĂč j’Ă©change actuellement mes talents, mon temps, contre de l’argent, s’enquiert de son pantalon en lin blanc, dĂ©posĂ© en rĂ©ception lundi. La blanchisserie nous l’aurait livrĂ© mardi. Je rĂ©alise, catastrophĂ©, que je l’ai montĂ© par erreur dans la chambre d’un autre client. Montant les marches quatre Ă quatre, je me rends dans la 511. Et dĂ©couvre qui me nargue sur les draps dĂ©faits le bon de livraison correspondant au pantalon de la dame. Le client de la 511 a quittĂ© l’hĂŽtel 1 heure plus tĂŽt. Avec le pantalon de la dame de la 312.
J’appelle ce monsieur, il est en route vers sa belle province mais n’a pas encore franchi le pĂ©riphĂ©rique. Tiens, me dit-il, vous n’auriez pas retrouvĂ© ma veste de costume noire ?
Je vois alors ladite veste, orpheline, suspendue dans le bureau. Nous convenons d’un Ă©change standard. Il consent Ă dĂ©poser le pantalon blanc Ă la rĂ©ception d’un hĂŽtel du mĂȘme groupe Ă Montmartre. OĂč j’envoie par taxi sa veste de costume noire.
Mercredi soir, je remets en mains propres le pantalon Ă Jane qui m’interroge sur le pourquoi du comment. Je lui raconte alors que son pantalon a vu du pays en taxi.
billet initialement publié sur des fraises et de la tendresse en juillet 2015
Dix-huit chroniques et vingt-cinq perles dâhĂŽtelier au choix utiles, superficielles, piquantes mais toujours rĂ©vĂ©latrices de votre serviteur et de lâhumain qui frĂ©quente les hĂŽtels : Vis ma vie d’hĂŽtelier đ
