Billet revu et actualisé
initialement publié sur des fraises et de la tendresse en avril 2013
Je vais vous parler de religion et de jeu de ballon rond au pied. Je vous entends rouméger « c’est quoi le rapport ? » L’un est l’autre sont à mes yeux inutiles. Mais chacun fait ce qu’il veut de son temps libre.
Abonné à Le 1(1), je reçois le n° consacré à Jésus. Probablement un dossier journalistique intéressant. Comme je fais un rejet de la religion, quelle qu’elle soit, je passe mon tour.
Je devais avoir 9 ans quand j’ai exprimé pour la première fois ce rejet. Mes parents ni croyants ni pratiquants m’avaient inscrit au catéchisme. Je me ferais mon opinion, m’avaient-ils dit. Ma grand-mère paternelle était croyante, une vraie grenouille de bénitier. Je l’accompagnais à la messe le dimanche. Je ne me souviens pas tant de la messe, mortel ennui, que de la promenade sacrée jusque chez l’épicier, à côté du supermarché Codec. Mon instant de joie anticipée du dimanche, le cadeau de ma grand-mère. L’achat du cornet en papier bleu « garçon » contenant son lot de surprises « garçon ».
La même année, ou presque, ma mère m’avait obligé à rejoindre le club de foot du village. Pour elle, j’étais le petit garçon chétif sans amis, trop solitaire pour être honnête. C’est elle qui m’encourageait plus tard à sortir en discothèque avant l’âge légal. Qui venait nous chercher, une amie et moi ; ma mère endormie au volant, en pyjama, à 3 ou 4 heures du matin sur le parking du Windsor.
Pour les camarades de l’équipe de foot, j’étais le joueur pas très doué qu’on poste en ailier arrière pour pas prendre trop de risques, et plus souvent qu’à l’ordinaire remplaçant, sur le banc de touche. Je ne revivais qu’aux matchs d’entraînement, j’étais fier comme un coq de mes genoux crottés de terre, de mes crampons, de mes longues chaussettes à grosses rayures maculées de boue. Au terme d’une année assez pénible, marre de faire le pied de grue, de m’emmerder, je décide de mettre l’entraîneur au défi. Au défi de me faire jouer un peu lors d’un tournoi qui se déroulait dans un village voisin. Un tournoi c’est au mieux une dizaine de matchs. J’avais bon espoir de taquiner la pelouse, et peut-être par miracle, le ballon. C’est seulement à l’occasion du dernier quart d’heure du dernier match que je manque gagner le terrain quand l’arbitre siffle la fin. J’étais furax. J’ai quitté le club de foot. En pleine saison. Je me souviens des appels à la maison du président du club, mais pourquoi mais voyons mais reviens, on te fera jouer. Il s’inquiétait peut-être du trimestre qui resterait impayé. Je n’y suis jamais revenu.
Le catéchisme(2) n’a pas eu plus d’emprise sur mon esprit rebelle. Trois mois avant ma première communion qui me verrait affublé de blanc, j’ai renoncé à l’église, à la cérémonie religieuse, à la montagne de cadeaux offerts par les tantes oncles et cousins germains. Une tradition que je piétinais à la stupeur des camarades de mon âge. Qui, eux, se sont goinfrés d’hosties, les chanceux 🤣
N’empêche… du foot, j’ai gardé un souvenir impérissable des vestiaires, d’un beau brun(3) dans les douches collectives. Merci, maman.
(1)Écrire « à Le 1 » me fait immanquablement penser aux fausses pubs des Nuls sur la lessive Le Chat dont celle-ci 👈
(2)J’ai depuis officialisé mon apostasie. Même si c’est un geste dérisoire, j’ai tenu à signifier à l’Église que je n’avais pas choisi d’être baptisé. L’argument que je leur ai offert, c’est un chiffre : 330 000 victimes d’abus sexuel (en France seulement), dont 216 000 mineurs, entre 1950 et 2020.
(3)J’ai cherché sur internet ce beau brun qui a nourri mes fantasmes d’ado pas encore out (je ne suis sorti du placard qu’à 20 ans), j’ai fait chou blanc. Fatal quand on porte un nom de famille archi commun. Fun fact, il porte le même prénom que mon mari, le même prénom d’un ex australien né le même jour que mon mec, avouez ça fait beaucoup de coïncidences.
J’aime beaucoup ce nouveau billet. Vous semblez avoir été un enfant qui savait ce qu’il voulait et vous nous le racontez très bien.
Merci Madame Chapeau ! Oh, je me suis beaucoup beaucoup beaucoup cherché, tant personnellement que professionnellement, mais rien de bien anormal.
Je me souviens de Codec, et du Windsor, mais je n’y suis jamais allée.
Le Windsor de Bergerac ?
Oui, celui-même, ce n’est qu ‘à 50 km de mon village
J’avais oublié que tu habitais le coin 😉
Moi, c’était le judo…
Chacun sa… croix ! 🤭
Le judo, y a le corps à corps 😉
Quand je lis « chacun sa croix » j’entends Muriel Robin : chacun sa destinée !
Y a pire comme référence ! 👍
Par exemple, puisque tu parles de corps à corps, si je cite Images, c’est tout naze. 😉
Bonjour. Moi aussi j’ai officialisé mon apostasie. De plus dans le film « l’assassinat du père-Noël », vous pouvez voir les enfants du village sortir de l’église et rejoindre « la fanfare » de la « libre pensée » et faire une sacrée cacophonie autour de l’église.
https://www.youtube.com/watch?v=gJMzVtFynY0&ab_channel=milamalou
Merci Vefa pour l’extrait revigorant du film de Christian-Jaque.