

À la faveur du défi 52/2026 articulé par Anne et du mot : arbre, j’ai choisi de rapatrier le billet qui suit (et les photos qui l’accompagnent) :
Février 2022. J’écris ce billet bercé par la danse des flammes dans le poêle à bois qui chauffe la maison de ma mère en Charente. Le craquement sous la chaleur des plaques en fonte. La chatte aux premières loges, stoïque et bienheureuse. Le pépiement des mésanges dehors. Un monde ignorant tout de la vanité des hommes et des polémiques en papier toilette qui agitent les plateaux télé et les réseaux sociaux. L’oubli, l’abandon, la paix. Un petit bonheur parmi d’autres. Parmi ceux que Tiphaïne convoque sur Twitter (avant qu’il ne soit dépecé par l’autre nazi). En plus de fabriquer des gifs qui confinent à l’art, parce qu’elle découpe, anime et exalte des bouts d’Art, qu’elle y met son talent et son cœur, elle organise un défi qui souffle sa cinquième bougie, le #JeNeChougnePasChallenge. Il s’agit de ne pas chougner (râler, rouméguer, grommeler, chouiner) ou plutôt de moins chougner, de ralentir ou arrêter la petite dynamo qui alimente les pensées qui noircissent le verbe, qui salissent un tableau déjà pas tout rose. Mon explication est un peu schématique, incomplète. Tout le monde participe. Comme et quand il veut ou peut. L’exercice est plus complexe qu’il n’y paraît. Mais je vais vous la faire simple. Avec une courte liste de Trukafer(1) auxquels je me suis adonné :
— J’ai dit « et » plutôt que « mais »
— J’ai pensé à des pinguoins qui jouaient au tennis chaque fois que montait l’envie de vomir mon agacement sur les réseaux sociaux ou dans ma rue
— J’ai fait rire ma mère avec une anecdote pas piquée des hannetons
— J’ai regardé deux épisodes de Ted Lasso (et je conseille chaudement)
— J’ai souri à chaque personne croisée, toute une journée
— J’ai dansé sur ma chanson préférée
— J’ai pris un arbre dans mes bras. Celui-là même qui illustre ce billet.
Valise déployée. Déjeuner avec ma mère, arrosé d’un bergerac, des dernières nouvelles de la famille et d’un beau soleil d’hiver. Marcher un peu. Les gravillons qui crissent sous les pas sur la petite route de campagne. L’herbe mouillée qui souille le genou quand je me contorsionne sous la clôture qui délimite un pré immense et vert, malgré l’hiver. Les choux en rang d’oignon dans le pré d’à côté. Les chardonnerets. Une tortue trépassée qui a perdu son chemin. Des monticules de terre qui témoignent de galeries creusées par une taupe cherchant le sien. Un arbre que je photographie puis approche puis étreint. Longuement. Yeux clos. Inspire. Expire. Inspire. Respire le vent qui agite le lierre qui étreint à son tour l’arbre témoin d’une émotion inattendue. Je suis vivant.
(1) Trucs à faire
J’adore ta photo, Prendre un arbre dans ses bras, c’est bon pour ne pas chougner 🙂
Merci Gilles !!! j’ai vu à travers ce cylindre une sorte de longue vue. Oui, la nature a mille vertus !
L’arbre tout simplement tu l’as cadré et ainsi mis en valeur. Le cadrage est très important pour une photo, ensuite il y a la composition lorsqu’elle se compose de plusieurs éléments. La lumière est utile aussi et il faut y prêter attention
J’ai un mari qui grogne beaucoup, et moi rarement et même pas du tout. Avant-hier je l’ai accompagné aux funérailles de la femme d’un confrère dont mon mari dit que c’était un dragon. Alors ça, ça m’a plu. Je lui ai fait remarquer qu’il avait de la chance car j’étais loin d’être un dragon. Il n’a pas dit « oui » mais il n’a pas dit « non » non plus…
En fait, c’est plutôt lui, le dragon, non ?
Tu as raison ! Mais il a de nombreuses qualités par ailleurs
Très très belle photo, aussi réussie qu’originale !
Merci 🥰
J’adore cette photo, vraiment très réussie.